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Technique
Figure 2. Évolution sur 3 ans du statut des ceps regreffés en comparaison avec des ceps ayant
des ceps ayant exprimé des symptômes foliaires d’esca au moins une fois
exprimé des symptômes foliaires d’esca au moins une fois entre 2011 et 2013. Les
entre 2011 et 2013. Les histogrammes représentent le pourcentage cumulé
histogrammes représentent le pourcentage cumulé des différents états des ceps entre 2014 et
des différents états des ceps entre 2014 et 2016 pour chacune des deux parcelles.
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les pieds sélectionnés comportaient des pieds peu atteints d’esca et qu’aucun pied apoplectique n’a été cureté.
Le regreffage, des résultats mitigés mais sur une année compliquée
La régénération par regreffage en « chip bud » au niveau du porte-greffe a été réali- sée au printemps 2013, sur la totalité des ceps notés avec des SFE, forme chronique et apoplectique, de deux parcelles situées dans le Médoc, âgées respectivement de 18 et 28 ans, soit un total de 648 ceps. Les conditions climatiques en 2013 étaient défavorables à cette technique (printemps froid et humide) et plusieurs ceps apoplec- tiques ont fait partie du pool des regreffés.
Le taux d’échec du regreffage cumulé entre les échecs immédiats et dans les 3 ans suivant l’opération est de 40 à 50 %. Le taux de ceps regreffés ayant exprimé au moins une fois de l’esca dans les 3 ans suivant le greffage est de 12,6 % des ceps ayant survécu au regreffage, dont aucun cep initialement apoplectique (Figure 2). En comparaison, sur la même période, le taux de nouveaux SFE sur les deux par- celles est en moyenne de 18,7 % et le taux de mortalité moyen de 5,3 %10.
Quelle que soit la parcelle, le taux d’échec est important mais il est moindre que pour le curetage. Le pourcentage de réexpression est élevé mais inférieur au taux de nouvelles expressions sur les par- celles concernées.
Un retour en production rapide
Le poids de vendange par cep a été me- suré sur 30 à 60 ceps par modalité (47 en moyenne) sur les 3 parcelles. Il est com- paré au poids de vendange de l’année sur des ceps asymptomatiques (As) n’ayant exprimé aucun SFE entre2011 et2019 (Figure 3).
Les ceps curetés (sans nouveaux SFE) présentent une bonne production com- prise entre 61 et 80 % d’un cep As dès l’année suivant l’opération (Figure 3A). En comparaison, les complants mis en place sur la parcelle en 2015 et 2016 ne pro- duisent que 18 % du poids de récolte d’un cep As, 3 à 4 ans après leur plantation.
Les ceps regreffés ont également un re- tour en production plus avantageux qu’un
Figure 2. Évolution sur 3 ans du statut des ceps regreffés en comparaison avec
2016 pour chacune des deux parcelles. Les effectifs respectifs de chaque état sont mentionnés
Les effectifs respectifs de chaque état sont mentionnés à droite
à droite des histogrammes pour les ceps regreffés.
complant. Sur la parcelle 2, le poids de ré-
que le curetage ou le regreffage montre qu’il est possible de contenir le développe- ment de la maladie et limiter l’expression foliaire de l’esca, considérée comme pré-
parcelles concernées.
colte des regreffés passe de 57 % de celui d’un cep As deux ans après l’opération de
Un retour en production rapide
des histogrammes pour les ceps regreffés.
Quelle que soit la parcelle, le taux d’échec est important mais il est moindre que pour le curetage. Le pourcentage de re-expression est élevé mais inférieur au taux de nouvelles expressions sur les
regreffage, à 94 % dès la troisième année. LLeeproeitdosudrenvepnrdoadnugectpioanrceesptapléutsépmreosgureéssuirf30àju6d0iceiapbslpeaarumroednadlietém(e4n7teentmàolayeqnunae)litséurdeles
sur la parcelle 3, passant de 40 % deux ans raisins. De plus, une récente étude a mon-
3 parcelles. Il est comparé au poids de vendange de l’année sur des ceps asymptomatiques (As)
après le regreffage à 100 % après 5 ans. tré que les raisins issus de ceps curetés
n’ayant exprimé aucun SFE entre 2011 et 2019 (Figure 3).
Dans le même temps, les complants de étaient tout aussi qualitatifs que des ceps
Llaespcaerpcseclluere2t,éms (isaenns pnolaucveaunxaSnFEap) rpèrsésle’annte-nt unseabinonsne.pTrodutcetifonisc,ocmepsristecenhtnreiq6u1eset s80on%t née de regreffage (Co14), ne produisent complexes et même lorsqu’elles sont réa-
d’un cep As dès l’année suivant l’opération (Figure 3A). En comparaison, les complants mis en place
que 6 % de la production d’un cep As deux lisées par des spécialistes en la matière, le
sur la parcelle en 2015 et 2016, ne produisent que 18 % du poids de récolte d’un cep As, 3 à 4 ans
ans après plantation, et leur production taux d’échec reste important au moment
après leur plantation.
évolue lentement pour atteindre difficile- de la réalisation, en particulier concernant ment 28 % après 5 ans. le curetage.
Les ceps regreffés ont également un retour en production plus avantageux qu’un complant. Sur la
Sur la parcelle 3, la production des com- D’autres études présentent des taux
parcelle 2, le poids de récolte des regreffés passe de 57 % de celui d’un cep As deux ans après
plants mis en place la même année que
plus faibles de mortalité, soit car seul le
l’opération de regreffage, à 94 % dès la troisième année. Le retour en production est plus progressif
le regreffage (Co13), est meilleure, avec 19 % de la production d’un cep As deux
taux de mortalité sur les ceps ayant survé-
sur la parcelle 3, passant de 40 % deux ans après le creugràelf’foapgéeràat1io00n %estapsruèisvi5, saonist. cDaarnlseslecmonêmdie-
ans après plantation pour atteindre 85 % tions de réalisation sont plus favorables
temps, les complants de la parcelle 2, mis en place un an après l’année de regreffage (Co14), ne
après 5 ans, mais cette production reste inférieure à celle des plants regreffés (Fi- gure 3B et 3C).
Des techniques prometteuses mais complexes
à mettre en œuvre
Dans la lutte contre l’esca, les viticul- teurs sont souvent hésitants quant aux actions à réaliser pour prolonger la vie des ceps et maintenir leur production. L’évalua- tion de techniques de régénération telles
(âge et/ou taux de nécroses inférieurs des ceps curetés, conditions climatiques plus favorables...). 4
De plus, ces techniques sont à réaliser dans des périodes de pointe d’activités au vignoble. Le coût par cep est plus impor- tant pour le curetage que pour le regref- fage, mais le regreffage nécessite plus d’entretien au cours de la saison.
En revanche, une fois que les pieds sont repartis, ils présentent un retour en pro- duction rapide, ce qui pourrait rendre ces techniques plus intéressantes que la com- plantation dans certaines situations. Une
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31 CONNEXION - VINS DE BERGERAC ET DURAS - DÉCEMBRE 2023